NOS ALLIANCES AU FDG, RIEN DE NEUF !

20130419-134946-386x386 (copie)Le débat est des plus persistant parmi les femmes et les hommes de gauche sur ce que devrait être la position du Front De Gauche lors des prochaines échéances électorales : municipales (et désignations des représentants aux communautés, métropoles…), européennes et sénatoriales. Si nous en croyons le journal Ouest France du 27 juillet, le PCF serait plutôt favorable à une alliance avec le PS, dès le 1er tour des municipales, le Parti Gauche de Gauche de JL Mélenchon serait plutôt opposé à cette stratégie. Il n’y a rien de neuf dans ce constat.

Avec un PS posé comme un verrou sur la porte menant à tout véritable changement, nous n’avons que trois options :
1) trouver la clé
2) faire sauter le verrou
3) défoncer la porte.
Je partage l’idée que la première option est définitivement perdue et que nous sommes actuellement très précisément devant la deuxième. Quant à la troisième, que répondre, à part « en attendant le rapport de forces nécessaires »? D’ailleurs, c’est pas moi qui le dit, c’est l’Histoire. Généralement, elle sait de quoi elle parle, même lorsqu’elle bégaie.
Comment s’y prendre pour faire sauter le verrou ? D’aucuns avancent l’idée d’un rassemblement le plus large possible à gauche, les autres d’une autonomie conquérante partout où cela est possible. Mais dans l’un comme l’autre cas, ça ne règle pas la question des alliances avec le PS, de sa nécessité ou pas, du contenu des programmes. Si l’on veut un tant soit peu exister, le système électoral majoritaire contraint aux alliances. Mais avec qui, comment, pourquoi faire et avec quelles lisibilités pour les électeurs?

gramsciAu Front De Gauche, toutes les composantes confondues sont à peu près d’accord sur les objectifs et le programme même s’il reste quelques coins d’ombre sur la question énergétique. En théorie, rien n’empêche la constitution de listes autonomes étiquetées FDG. Le débat de savoir si le PS est encore à gauche, me semble t-il, clôt depuis un moment déjà. Le PS, qui n’est pas pour autant classé à droite de l’échiquier politique chez une majorité de nos compatriotes, en a pris pourtant tous les atours en matière de gestion libérale de l’économie et du social. Sa frange la plus à gauche ne doit pas occulter sa tendance lourde de gérer en bon élève qu’il est dans l’intérêt du capital. Feindre de croire qu’il est encore possible de sauver les meubles est de mon point vue qu’une façon de se mettre la tête sous l’oreiller de la désillusion permanente. S’interroger sur la nature du Parti Socialiste est un débat sans fin. Il suffit juste de constater qu’il n’est plus le même  qu’en 1997 car il est maintenant devenu un outil reconnu du libéralisme.
Donc, est-il possible aujourd’hui de s’allier avec lui dans des élections locales comme les municipales? Et dans quelles conditions? S’il s’agit simplement d’une alliance « comptable » pour battre l’extrême droite et la droite décomplexée, sans solidarité de gestion, dans l’indépendance de chaque groupe politique, on peut suggérer qu’il s’agirait alors d’une proportionnelle par défaut. Dans le cas contraire, comme semble le vouloir la direction du PCF, c’est continuer comme avant et aller à un échec cinglant en s’aliénant toute possibilité de marche de manœuvre. La solidarité de gestion asphyxie tout débat démocratique. On cautionnera au local l’austérité. On ferme sa gueule ou on démissionne.

Ce désaccord existe déjà depuis pas mal de temps. Au PCF, on veut à tout prix conserver le plus grand nombre possible d’élus, quitte à faire le grand écart, au PG on essaie de faire ce que l’on dit et dire ce que l’on fait avec des listes autonomes. Il n’y pas d’accord en vue entre les formations du Front de Gauche. Au grand dam d’électeurs qui ne vont pas comprendre grand chose, deux logiques vont malheureusement s’affronter, quoique l’on en dira, qui fragiliseront pour un moment l’élan auquel nous avions assisté lors de la dernière présidentielle avec J-Luc Mélenchon.

Alors que l’on s’active déjà au plus haut niveau de l’état pour resserrer les liens de la majorité, dont l’ex secrétaire général du PCF R Hue toujours prêt à se vendre pour un maroquin, en vue de prochaines échéances tout en s’attelant à faire des avances courtoises au PCF, l’avantage de la proportionnelle par défaut serait de plusieurs ordres : chamboule-tout
– L’élaboration d’un accord cadre national opposable à tous et partout
– Mettre le citoyen électeur  en capacité d’influencer le débat en faisant émerger les convergences et exigences à gauche. Chaque bulletin compterait.
– Contraindre (même si il n’y a pas beaucoup de chance d’y arriver) le PS de modifier ses choix politiques et sociaux sinon à les assumer publiquement. On verra, à ce moment là, si l’aile dite gauche se positionne.
– Libérer, ceux qui au PCF ont un œil plus que critique sur la tendance purement électoraliste de l’actuelle direction.
– Gagner en crédibilité en ayant un même discours quelle que soit la nature de l’élection ou le lieu géographique sur le territoire.
– Conserver la possibilité de constituer des listes autonomes, ouvertes et citoyennes partout ou cela est possible.

Soit on essaie de se sortir de ce piège électoral et politique par le haut, soit on subit encore une fois le diktat du social libéralisme du PS. Dans ce dernier cas, on recule encore de quelques années notre capacité à l’avènement d’une VI ème république.

Et comme la désespérance est mauvaise conseillère, je crains le pire.

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