Grèce : le peuple grec a été trahi ?

CJwJQa3WIAEFnD7.png_large_mL’accord renégat entre la Grèce et l’Europe (en fait entre l’Allemagne et ses satellites) se confirme. La France n’aura joué que l’entregent ou l’ami américain. Cet accord va bien au-delà de tout ce qui, précédemment, avait déjà été conclu par les gouvernements de droite ou social-démocrate. Stipras, dont on découvre qu’il est loin d’être de la gauche radicale, mais une variable de la sociale-démocratie, vient de donner les clés « de vendre » le peuple grec aux créanciers. « il y a l’exigence de faire adopter les premières mesures austériaires par le Parlement grec mercredi, comme de revenir sur toute la (timide) législation à caractère sociale que le gouvernement a déjà validé depuis janvier. Très précisément, les agresseurs de notre pays et de notre société, exigent la suppression de TOUTES les Conventions Collectives ainsi que la “libéralisation” totale des licenciements. »

Déjà harassées par plusieurs décennies de sacrifices, les années qui s’annoncent seront encore bien plus douloureuses avec une austérité redoublée dont on n’ en voit pas la fin. Le pays est démantelé. Le patrimoine soldé au plus offrant, ce qui va faire le bonheur de tous les requins de la finance ou des spéculateurs de tout poil. La quasi-totalité de l’économie est mise sous tutelle. Les services publics et les administrations sacrifiés. Stipras retourne à Athènes dans le déshonneur et la honte. La droite n’aurait pas fait mieux. Ses commanditaires, Merkel et ses satellites lui  ont sommé de faire avaler la pilule à son parlement sous les 48H00. Ce qu’il va tenter de faire. C’est un coup de force, du jamais-vu.

On peut nous faire croire tout ce que l’on veut, et même que le Premier ministre a négocié un pistolet sur la tempe. Au final, c’est au résultat que l’on juge. On peut dire sans trop se tromper qu’il est bien pire que ce que l’on pouvait imaginer, même dans les scénarios les plus noirs. Même si dans l’immédiat des financements seront !!! octroyés (pour rembourser les créanciers), rien de concret sur la renégociation de la dette a été obtenue. On avait connu une bouffée d’oxygène après le non au référendum, on a aujourd’hui une un volée de gaz carbonique qui va tuer les derniers espoirs de faire une politique de progrès social. La démonstration est faite que l’Europe ne peut pas se réformer. L’Europe sociale n’est qu’un mythe comme l’est le couple Francais/Allemand. Le capitalisme de la mort n’a pas dit son dernier mot. Il est encouragé à continuer son œuvre de déconstruction. C’est là aussi un des objectifs sous-jacents de cette confrontation.

Pour autant, cette fin de partie ne signale pas la fin de l’histoire. Même après ce coup de sifflet les empoignades risquent d’être assez terribles dans les vestiaires et dans l’après-match. Les causes produisant les mêmes effets, sauf à injecter encore des milliards dans l’économie pour le plus grand plaisir de nos capitalistes et des banquiers, la dette va continuer d’ augmenter, l’économie sera à la peine d’une consommation intérieure atone. La misère et le chômage vont croître. L’espoir à gauche ayant été trahi, cela va faire incontestablement le lit de l’extrême droite.

Euro_Suicide1Le discrédit du gouvernement Stipras est à la hauteur de l’espoir qu’il avait suscité. Il serait inimaginable de ne pas faire appel, à nouveau, au peuple. S’il est possible de faire avaler en 48h00 l’amère pilule d’austérité préparée la Troïka, il est tout aussi possible de consulter les Grecs par voix de référendum. C’est le minimum que l’on puisse faire.

arton28867-31404Par la sortie de Grèce de l’euro, toute difficile qu’elle aurait pu être, pas certain que le coût social aurait été plus lourd qu’en dehors de la prison euro, un Grexit l’aurait définitivement fait sortir des griffes de ses créanciers. Soyons clair, rien n’est réglé. La question se posera ici ou ailleurs, demain ou après demain. L’Europe n’a existé que dans l’intérêt du capital et elle est globalement principalement Allemande comme nous venons tristement de le vérifier. Hollande a tenté d’exister, mais il n’a joué que le bouffon du roi Merkel. Si il y a a des enseignements à tirer de ce navrant et cependant très instructif épisode, ce sont bien ceux-là.

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