La gauche dite radicale (socialiste ?) au pied du mur

-1 – Sortir de la dictature de l’Euromark

dette-grecque-4On pensera ce que l’on veut de la tragédie grecque et de son épilogue bien funeste, mais elle aura eu au moins  le mérité de remettre au goût du jour la question de l’  Euro et de sa finalité comme moyen d’asservissement des peuples. On a bien essayé de nous faire croire que l’Europe des banquiers, le marché unique et toutes ces balivernes étaient le prix à payer pour des jours meilleurs, de même que l’on avait tenté de nous faire croire que l’euromark était l’ avenir indépassable. On se rappelle qu’en 2005 le NON l’avait emporté haut la main contrairement à tous les pronostics. La déconvenue des partisans du oui, qui n’avaient pourtant pas lésiné sur les moyens employés, les avait laissés un moment sur le tapis. Pourtant, on se rappelle la campagne de brute dont on avait fait l’objet pour essayer de nous faire avaler les mille et une contre-vérités destinées à nous faire croire que les partisans du NON étaient de sinistres crétins extrémistes. On se rappelle aussi, que de concert avec la droite, la sociale démocratie avaient trouvé le moyen inique de nous faire avaler par le congrès de Versailles ce que nous avions réussi à faire sortie par la grande porte avec le NON au référendum. La traîtrise n’ayant jamais le dernier mot, il est fort probable que, ce que les Français avaient bien ressenti, et qui avaient été en vérité vécus comme une imposture, allaient tôt ou tard, d’une manière ou d’une autre, ressortir de la marmite. Le spectacle de la négociation avec la Grèce ou ce que on l’ a bien voulu nous faire croire comme telle, a été la démonstration, par l’absurde, en grandeur réelle de cette supercherie.

La sacralisation du couple franco allemand n’est qu’une illusion puisque la démonstration a été faite une nouvelle fois que ceux qui portaient la culotte étaient les Allemands et leurs satellites (Pologne, Pays Baltes et d’autres…). Hollande (Sarkozy aurait fait de même), s’essayant seulement à jouer les pigeons voyageurs pour faire croire qu’il existait. Si l’Europe géographique existe comme le disait le Général De Gaulle, de l’Atlantique à l’Oural, l’Europe des peuples, telle qu’ils nous l’avaient dessinée, n’existe pas puisque chacun à son histoire, celle-ci faîte d’alliances, de guerres, de moments de paix, d’intérêts souvent contradictoires, de cultures bien différentes que l’on soit du Nord ou du Sud. L’Allemagne, à tort ou à raison, mais il en est ainsi et il faut en prendre acte, ne partagera JAMAIS ses excédents de points de croissance avec les pays économiquement plus fragiles. C’est ainsi. Elle priorisera toujours ses intérêts (du capital) et après seulement de son peuple. Il faut le savoir et en tirer les conclusions.

– l’euro, c’est d’abord l’euromark et l’euromark c’est l’austérité dans tous les sens du terme.

– La droite comme la sociale démocratie (le PS libéral) s’est fourvoyé dans une politique clientéliste avec l’Allemagne en espérant bénéficier de largesse de celui qui ne fait que courber le dos pour ramasser les miettes. À partir du moment où l’on s’est vassalisé, on était grillé. Les Allemands en jouent.

l’euro et son modèle libéral n’est pas réformable de l’intérieur. Le croire est une chimère comme l’est de concept d’Europe sociale. Dans les conditions actuelles de rapport de force s’imaginer un instant pouvoir infléchir la tentation dominatrice du capital européen allemand et français… est impossible avec l’Allemagne et ses satellites comme c’est impossible avec l’Angleterre. Il ne faut jamais oublier qu’il existe culturellement une Europe latine et l’autre germanophone, sous bien des aspects si différentes sinon opposées. Leur Europe n’existe qu’à condition d’une domination allemande de fait. Sinon, ils préféreraient sans aucun doute sortir de cette Europe là.

2 – la crise grecque est le détonateur d’une nouvelle radicalité ?arton28727-6b515

On peut se demander comment se fait-il qu’après un référendum qui avait donné plus de 62 % au NON à l’austérité voulue par la commission européen, Stipras et son parti ont pu aussi facilement « retourner » leur veste. Plus crûment, je pense « trahir », car la pilule est amère. Le peuple grec va devoir avaler plus d’une couleuvre, et même beaucoup plus que ce qu’avait mis en place leurs prédécesseurs de droite et du PS. Le mythe à l’égard de l’euro parmi Syriza comme parmi les Grecs n’explique pas tout. On peut considérer qu’en votant massivement NON, les Grecs avaient intégré, malgré eux, une sortie inconsciente de la zone euro. Si Stipras et son gouvernement avaient de nouveau proposé au référendum le nouveau au projet austéritaire++, il aurait sans doute subi le même sort que le premier. Ce référendum n’aurait, sans doute, pas pu se dérouler puisque la Commission européenne et les autres gouvernements auraient aussitôt sorti l’arme lourde du grexit avec les conséquences que l’on redoutaient.

On peut avancer l’hypothèse toute simple et en même temps contradictoire Syriza n’est pas une formation homogène au sens idéologique. Se côtoient des forces radicales et d’autres plus enclins aux compromis comme elles existent aussi en France. On comprend mieux cette débâcle présente et la déroute électorale à venir si Syriza ne sépare pas le bon grain de l’ivraie. Plus ils attendront plus le coup sera sévère. Stipras peut s’égosiller à clamer qu’il est de gauche (Hollande le dit aussi) et qu’il défend les Grecs, on peut penser sans trop se tromper là non plus qu’il n’en est rien. Pour l’instant, la dictature européenne à besoin de lui et de son parti pour mettre en œuvre la feuille de route. Lorsqu’ils n’auront plus besoin de lui, ils le mettront au rébus. C’est cruel, mais c’est ainsi. À partir du moment où le fil de la confiance est rompu, et il est rompu, c’est le commencement de la fin. Souhaitons-lui qu’il en tire les conclusions le plus vite possible. Il a mis le doigt dans un engrenage destructeur. Il ne s’en sortira pas vivant politiquent. Ce n’est pas très grave, ce qu’il l’est plus par contre est l’image destructrice renvoyée aux forces de gauche grecques et Européennes qui tend à valider l’idée que rien ne peut se faire au-delà des politiques d’austérité actuelle. Dur constat.

En France, on voit dans la manière dont la majorité du Parti dit « socialiste » s’est rangé autour du diktat, dans la manière et dans les mots dont le Premier ministre, Manuel Valls, a usé pour faire voter le Parlement, que cette logique de collaboration avec l’ennemi est allée jusqu’aux tréfonds de sa logique. Il est d’ailleurs significatif que les « frondeurs » du Parti dit « socialiste » aient, dans leur majorité, voté avec le reste du Parti. Même le PCF, qui est le seul parti du Front de gauche représenté au Parlement, a hésité. Rappelons que le lundi matin Pierre Laurent appelait à voter le soutien à ce diktat avant que le Président du groupe, André Chassaigne, tenant compte des réactions de la base et de nombreuses fédérations locales, fasse voter contre. Ce pas de clerc de Pierre Laurent est en réalité très révélateur non seulement d’une politique réduite aux intérêts électoraux et financiers, mais aussi du poids de l’idéologie européiste au sein du PCF. Il faut comprendre comment cette idéologie s’est constituée, et pourquoi les événements de ces derniers jours la mettent aussi violemment en crise. Le PG, même s’il est beaucoup plus avancé à l’idée d’une sortie de l’Euro, peine à prendre réellement ses marques, naviguant entre chèvre et chou pour garder un semblant d’unité au sein du Front De gauche.

La crise Grèce est un marqueur indélébile de la nocivité de l’euromark. La gauche radicale qu’elle soit européiste comme au PCF, européiste et fédéraliste chez les Verts, attentiste au Parti de gauche ou à Ensemble, doivent sous peine de passer sous la table lors des prochaines échéances, se positionner clairement. Le débat sera d’autant plus douloureux que les positions sont comme on le voit assez antagonistes. Même s’ils essaient de biaiser le débat pour en faire une sorte de nomansland, il paraît difficile de mettre cette question sous le tapis en attendant des jours meilleurs. L’euro est intrinsèquement une arme contre le progrès social et les peuples. C’est un outil de la souffrance. Il n’est pas réformable puisqu’il ne peut exister qu’avec l’austérité. Il est donc nécessaire de préparer un plan B, une sortie avec le moins de perte possible. Les pertes seront tout aussi sévères chez les autres, même plus. Les scenarii existent. Il y a eu une vie avant l’euro, il y en aura une après. Des pays européens fonctionnent sans la pression de l’euro. Ils ne sont pas plus mal lotis que nous. C’est bien de coopération dont nous avons besoin en Europe et non de la soumission au capital et aux banquiers au nom de l’euro.

Ne pas porter cette nouvelle espérance donnerait à l’extrême droite les clefs d’une plus grande réussite encore.

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