Loi Konnerie : pan sur ta gueule!

breveon5038-b2765Alors que des dizaines de milliers de manifestants battaient le pavé des rues, des villes et villages, quelques centaines de casseurs en ont profité pour discréditer le mouvement. Les dégradations de biens publics sont importantes et surtout contre-productives. Mais, là ou l’agriculteur, le médecin, le chauffeur de taxi, les bonnets de toutes les couleurs ou les patrons, petits ou grands ont la bienveillance des pouvoirs publics, de la presse patronale ou de radio Paris, les salariés sont grassement traités d’irresponsables lorsque ce n’est pas de voyous, font l’objet d’ insultes ou traités de sans-dents. Côté droite extrême de Sarkozy à Juppé en passant par le FHaine ce n’est pas mieux,  ils en  rajoutent en demandant l’interdiction des manifestations. Rien que ça. Ils en oublieraient leurs manifestations catho de 2013 mobilisant le banc et l’arrière banc de tout ce qu’il y a de plus réactionnaire et fascisant de la droite française et les bastons de fin de parcours.

81eed738c612329bac17d58628e84449S’il faut dénoncer et condamner fermement les casseurs et autres délinquants  comme il se doit, (comme aurait du l’être des élus Couëronnais, mais là c’est une autre affaire, ils sont protégés) il faut également condamner et dénoncer avec la même force le gouvernement qui les instrumentalise, si ce n’est les infiltre et les utilise à des fins  provocatrices. Jamais depuis 1968, il n’y aura eu autant de présence policière. Couëronnades, qui est de toutes les manifestations, peut en témoigner. Nantes était quadrillé par d’innombrables moyens policiers, dont le survol d’un hélicoptère, nous faisant croire que nous étions dans un état en guerre civile. Du jamais-vu à ce stade. Des violences policières ont été constatées dans tous les cortèges. Et cette stratégie de la tension, visible depuis le début du mouvement, ne cesse de s’intensifier. Il y a une volonté délibérée du gouvernement social libéral Hollande/Macron/MEDEF de provoquer des violences d’autant que la préfecture ou la police connaît parfaitement bien ceux qui se cachent derrière les cagoules. Des flics, ACAT-rapport-47f7fparfois, en nombre souvent… Les CRS ont préféré charger un cortège de 20 000 personnes (la presse  comme Ouest-MEDEF en dénombrait que 10 000) plutôt que d’isoler un petit groupe de casseurs. « Leur attitude est irresponsable, ils ont cassé le cortège en deux, alors que tout se passait bien. Ils nous ont canardés. » Sous le choc, de nombreux militants exigent aujourd’hui des comptes. « J’ai vu une femme d’une cinquantaine d’années, manifestant comme moi à visage découvert et ne manifestant pas le moindre signe d’agressivité frappée de plein fouet, dans le dos par un projectile visiblement tiré à tir tendu », a -t-on pu lire dans la presse nationale ou régionale. Flashball et taser ne sont pas utilisés à la place des armes à feu, mais au détriment de la négociation et de la discussion. » Toutes les violences sont condamnables. La souffrance sociale est tout aussi déstabilisatrice, même si elle est certes moins visible mais pas moins violente. Elle tue en silence et beaucoup plus.

L’objectif est bien de faire peur, de créer le chaos afin d’empêcher les salariés de s’exprimer contre cette loi scélérate qui viderait le code du travail de tout contenu. L’objectif aussi est de casser toutes les tentatives de rassemblement du mouvement social avec l’ensemble des autres catégories qui souffrent elles aussi des politiques anti sociales actuelles : jeunes, précaires, retraités, chômeurs, enseignants, professions libérales, agriculteurs… dont « nuit debout » n’en est qu’un des éléments visibles. Le pouvoir est aux abois, il tente désespérément, par tous les moyens, d’ éviter que ces rassemblements se fédèrent en lien avec les luttes sociales, notamment celles concernant le rejet de la loi « Konnerie » ou des cheminots… On le voit bien, on l’entend de plus en plus souvent, même si c’est d’une manière confuse,  que nous serions à la fin d’un cycle, d’une 5e république à l’agonie. Tout est possible, surtout le pire.

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Rien n’est encore joué. Quoi qu’il en soit, ce mouvement prouve que rien n’est écrit dans le marbre du capitaliste dépravé. Le pouvoir peut reculer, son pouvoir d’extrême nuisance s’affaiblir. Tel sont les enjeux de la prochaine période. Ce sera demain, après-demain – au pire la prochaine fois. Mais dès lors qu’auront été franchis tous les seuils du supportable, c’est pour bientôt. Sans aucun doute possible.

Le 1er mai est l’un de ces temps fort comme le rassemblement du 5 juin à Paris, initié par le candidat à la présidentielle de 2017 Jean-Luc Mélenchon.

Couëronnades en sera.

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