VILLE MARCHANDISE ( le PLUM : Plan Local d’Urbanisme Métropolitain) 2ème partie

L’actualité sociale, nationale et locale ne nous a pas permis de mettre en ligne les derniers articles sur le PLUm. Il en reste trois. Cette période estivale pourrait, peut être, être plus favorable. Nous en profiterons pour continuer leurs parutions à un rythme plus régulier d’ici la fin des congés d’été.

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RETOUR SUR LA MÉTROPOLE : Il nous faut donc comprendre que la Métropole, n’est donc qu’une étape dans le processus de « privatisation des villes », en fait des services publics, (on le voit bien sur Couëron avec la crèche familiale, la restauration de l’Erdurière, les salles des sports, la mutualisation des services qui porte en germe la suppression d’emplois, le dépeçage de notre patrimoine local comme le vélodrome…) dont l’objectif est la privatisation de tous les services publics, devant à terme, déboucher sur la « ville-privée » utopie du capitalisme financier, car « la finance libre » après avoir dévoré l’entreprise, s’attaque à la ville, espace public. En l’occurrence et pour ne citer que cet exemple, la revitalisation des centres-villes par des commerces de proximité est un leurre, sauf à y mettre le prix et encore ! On pourrait faire la même observation sur l’agriculture déjà en partie détruite sous l’entreprise des multinationales agro-alimentaires. Le rôle du syndicat de la FDSEA n’est pas innocent dans cette dérive. Il l’a accompagné, parfois il l’a suscité. Idem pour certaines organisations côté salariés, syndicats plus patronaux que salariés. On l’ a vu avec la lutte contre la loi « Konnerie ».

On était parti en première partie de ce propos sur l’histoire de la Ville, fondement de la démocratie, et de son évolution articulant, économie et société dans le sens du progrès humain. On débouche du fait des ruptures politiques impulsées par les néo-libéraux vers une marchandisation complète de la ville, mettant de ce fait la démocratie entre parenthèse. La « ville privée » débouchant sur ce qu’il conviendrait d’appeler la « démocratie de marché », système politique dans lequel le marché est au-dessus de la démocratie… expliquant aussi la « marchandisation de la culture » et le credo des métropoles, qui tourne autour du concept d’attractivité (forme de prostitution), puisqu’on ne veut plus produire mais séduire les investisseurs. Il y a là une rupture conceptuelle et historique, qui nécessite une réflexion encore plus approfondie qu’il faudra que les citoyens dans leur diversité de vie, intellectuels ou pas, mènent, car il s’agit véritablement d’un enjeu de civilisation.

C’EST LA OU LA PERVERSITÉ DU SYSTÈME PREND TOUTE SA PLACE

Le transfert croissant de compétences vers les intercommunalités posait déjà en soi un problème démocratique. La commune, échelon de base de la souveraineté populaire, se voit dépossédée de nombreuses prérogatives et progressivement « dévitalisée ». Couëron est sous la tutelle de nantes et des affairistes qui entourent les politiciens locaux, Ayrault en tête. On constate que la démocratie subit également un recul dans ses pratiques et ses engagements. On voit ainsi fleurir la mise en place de « co-gouvernance » transpartisane. Là c’est le PS, EELV ou le PCF qui prennent des vice-présidences sous majorité de droite, ailleurs ce sont des élu-e-s LR, UDI ou Modem qui sont récompensés en retour quand les précédents sont majoritaires au sein de l’assemblée.

Cette façon de faire est un mauvais coup porté à notre démocratie. Il y a bien sûr ceux qui théorisent de tels rapprochements. Ce sont ceux qui laissent aller le Front National pour mieux justifier derrière de telles alliances sous couvert de « barrage » à celui-ci. Et qui ensuite proposent des exécutifs communs pour mieux redéfinir des majorités partagées.

Mais au-delà, le mélange des genres affiché dans ces intercommunalités, en effaçant toute majorité et donc toute opposition, développe la confusion chez l’électeur. Les mêmes qui feignent de s’opposer localement pourraient donc se retrouver dans la collégialité dans les EPCI ? Pour justifier ces alliances de circonstance, ils évoquent la nature de ces nouvelles intercommunalités : il faudrait selon eux que toutes les communes soient représentées dans leur diversité dans un exécutif pluraliste. Dire cela, c’est abandonner l’idée même de regroupements volontaires ou de projets, comme pouvaient l’être les intercommunalités issues des lois de 1992 ou 1999, au profit des découpages autoritaires de la loi NOTRe qui se font au service de la compétitivité et de l’efficience libérale. C’est aussi nier la logique des rapports de force qui structurent la politique comme nous l’a enseigné Machiavel. C’est enfin acter que les communes ne sont plus des lieux de souveraineté dès lors que ce qui peut se décider collectivement au sein de l’EPCI doit pouvoir s’imposer à la commune.

Les mêmes arguent enfin que ces collectivités ne sont pas élues directement par les citoyens et ne représentent pas donc pas des cadres dans lesquels se dessineraient une majorité et une opposition. C’est prêter le flanc à ce que s’installe dès 2020 une double légitimité issue du scrutin direct entre les communes et les EPCI. C’est surtout nier aux citoyen-ne-s qui les ont élu-e-s dans leur ville la dimension de leur choix. C’est aussi s’arroger deux interprétations opposées du mandat qui leur a été confié en fonction de la structure dans laquelle il s’applique. Si tel devait être le cas, nous exigerions en tant que citoyens de voter à nouveau pour l’EPCI quand notre vote communal est ainsi détourné !

Voilà qui ne manquera pas d’alimenter le discrédit jeté par nos concitoyen-ne-s sur la politique. Il est au contraire plus que temps que s’impose à tous les niveaux et dans la clarté une réelle « dispute politique », seule à même de restaurer la primauté de la souveraineté populaire, et non une pseudo « compétition électorale » anesthésiante qui laisse ensuite le champ libre aux regroupements par-delà les engagements.

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LE PLUM, LES PLUMés :OUTILS DE LA MAINMISE DES ÉLITES

Contrairement à ce que les élites voudraient bien nous faire croire, l’élaboration des Plum  s’inscrit dans la perspective de la marchandisation des territoires. Les marges de manœuvres des élus dans les conseils municipaux comme des populations sont étroites pour ne pas dire nulles puisque le plan local d’urbanisme n’est que la déclinaison des orientations imposées par la super structure de Nantes Métropole (PLUi), qui s’inscrit lui même dans le schéma directeur des directives nationales (DTA Directive Territoriale d’Aménagement de 2006) et européennes en matière d’aménagement des territoires. Même s’il n’est pas officiellement annoncé, et pour cause, il s’agit de mettre en compétition les territoires comme on le fait avec les entreprises et les hommes. Les technocrates, quels que soient leur niveau, ont la main mise sur l’ensemble du processus d’élaboration du PLUm et des divers documents qui l’accompagnent. Les thématiques préalablement choisies sont celles qui vont structurer les orientations stratégiques du projet de territoire et leurs déclinaisons territorialisées.

Il s’agit comme les documents le précise de poser les questionnements, de les prioriser pour le pôle de référence afin qu’ils nourrissent la suite des travaux en commissions locales de pôles. Il faut bien donner quelques grains à moudre puisque les élus de terrains sont dépossédés de la majorité de leurs prérogatives, plus spectateurs qu’acteurs, chargés de transmettre le bonne parole. La complexité des dossiers et l’éloignement des centres de décision font le reste. Les questions structurantes majeures, liées à chaque thématique préalablement définies à l’échelle de la métropole, sont à décliner à l’échelle du pôle. Le cadre et l’essentiel des contenus étant déjà décidés, les postulats posées et irréversibles, il est interdit de dépasser les lignes préalablement définies.

Le Projet d’Aménagement et de Développement Durables (PADD) est la pièce maîtresse du PLUm. Il définit le projet de territoire à l’horizon 2030. Il met en cohérence les objectifs des différentes politiques publiques qui ont un impact territorial et les décline sur le territoire, à l’échelle de l’agglomération.budget-recette_maxi

C’est ici qu’il est, peut être encore, possible de faire en sorte que les besoins des populations soient pris en compte. Lorsque l’on voit la pauvreté des débats et la façon dont les élites politiques autant du côté PS, Verts, et de la droite encadrent le débat, il est naturel que l’immense majorité des citoyens délaissent ces joutes d’initiés. Il n’est question que d’ajustements mineurs, recevables que si ils rentrent dans le cadre préalablement décidé par la super structure et les élites politiques. Pourtant les populations se sont bien exprimées en mars 2014 sur des programmes électoraux. Tous les partis avaient le leur. Maintenant on effacerait le tout sans que l’électeur soit en capacité de trancher démocratiquement. La politique tout autant que le débat contradictoire disparaissent dans un consensus mou engloutie dans la ville marchandise c’est-à-dire en « services marchands » … On en a vu un exemple lors du dernier conseil municipal de juin. Les pitreries d’un élu communautaire nantais, apparatchik de premier rang et de longue date,  venu là que pour s’auto-glorifier, face un parterre d’élus du PS et de leurs amis, bien en peine face à des propos aussi creux du « moi je… ». Triste spectacle d’une démocratie délégitimée.

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