Présidentielle 2017 -2-

Un dérapage de plus au PCF ?

Comme s’il n’y avait déjà pas assez de la droite extrême de Sarkosy/Juppé, de l’extrême droite des milliardaires du clan des Le Pen, du PS social-libéral à bout de souffle, voici que le porte-parole du PCF Oliver Dartignolles coutumier du fait, et un certain nombre de militants, espérons-le minoritaire, de ce parti s’y mettent. Taper sur Jean-Luc Mélenchon. Et ils ne font pas dans la dentelle, mais plutôt dans le genre du baiser qui tue. L’article au vitriole du porte-parole du PCF paru sur sa page Facebook cette semaine, suite à la visite de Jean-Luc Mélenchon à la fête de l’humanité, en est le dernier avatar. Il est très probable que cet article n’a n’a pas été publié sans l’aval de la direction du PCF et de son secrétaire général. Il a été retiré assez rapidement du site en ligne de l’humanité quotidienne, ce qui est inhabituel.

ob_ef9ae2_evolution-du-pcfFaut-il s’en étonner, s’en alarmer ? Bien évidemment ! Face à une gauche sociale divisée à ce point, pas encore certaine de se rassembler sur un candidat commun, il est utile de lui rappeler que : « Seules sont perdues d’avance les batailles qu’ on ne livre pas. »? L’hebdomadaire Regards proche du PCF ne faisait-il pas remarquer dans l’une de ses parutions sur son site internet en début de semaine, qu’une majorité de communistes, adhérents ou pas, militants ou pas, s’impatientaient du manque réaction de leur direction et de l’attentisme de leur parti à prendre une décision à quelque 6 mois de l’échéance présidentielle. Une majorité voyait la candidature de Jean-Luc Mélenchon tenir la corde. Ce n’est pas les réponses ni le comportement d’un certain nombre de membres de la direction communiste lors de la fête de l’humanité du week-end dernier qui permettent d’y voir plus clair, bien au contraire. La direction du PCF passe sont temps depuis des mois à souffler le chaud et le froid, joue la montre et parfois même plus. Il existe au PCF un fort courant anti Mélenchon, c’est ce que l’on peut constater également localement en Loire-Atlantique. Les griefs sont nombreux, les propos sont souvent très violents avec, dans une sorte de TSM (tout sauf Mélenchon) savamment alimenté par un travail de sape, des propos qui n’ont rien à envier à ceux du PS ou des droites extrêmes.

Mélenchon 2017 : la grande peur du parti communiste

Nous ne connaîtrons qu’au début novembre le nom son de candidat ou de celui que la PCF soutiendra. Et encore, il faudra attendre décembre la décision finale, après le vote des militants, c’est-à-dire à un peu plus de 3 mois de l’échéance. Pour la mobilisation, on pouvait espérer mieux. Ce ne sont pas, bien évidemment, les meilleures conditions pour rassembler. On devine déjà que le PCF a fait l’impasse sur la présidentielle pour s’attacher exclusivement à la législative. On comprend mieux qu’il tergiverse parce qu’il a besoin du PS et ne veut pas se l’aliéner complètement. Ce qui dans la configuration actuelle, avec le rejet du PS libéral, n’est peut-être pas le meilleur des scénarios.

Que veut le PCF ? On n’en sait trop rien. Il use et abuse de signes contradictoires, se déclarant un jour pour une primaire, mais à ses conditions, sans Hollande ou un de ses clones, l’autre jour suggérant que rien n’est fermé, opérant un casting des candidats potentiels à la fête de l’huma. Il feint de croire encore dicter ses conditions ou fait mine de le croire. Côté PS, la partie est quasiment jouée. Ce sera Hollande, du moins il fera tout pour qu’il en soit ainsi. La machine à décerveler s’est emballée depuis quelques mois. Hollande ne lésine pas sur les moyens. Il utilise le rouleau compresseur de la république à plein comme l’avait fait auparavant Sarkozy. La primaire socialiste lui va comme un gant. Il sera le candidat Président et le Président candidat. Tous les autres outsiders ne sont là que pour amuser la galerie, faire la claque, préserver leur avenir. Le Parti socialiste les tient tous par la corde sensible du porte-monnaie de Hamon à Taubira en passant par les Verts recyclés ou Montebourg. Le parti distribue les investitures. C’est bien là le hic ! Qui peut croire encore au discours enjôleur des pseudos « libertins » frondeurs ? Ont-ils eu, ne serait-ce qu’un instant, la volonté de casser la baraque, alors qu’ils en avaient l’occasion avec la loi Khomri et le 49-3 et qu’ils se sont lâchement aplatis ? Non, bien sûr, sauf peut être deux ou trois courageux sortis du PS.

2017 : «Le PCF a les moyens d’avoir un candidat», prévient Pierre Laurent

Le coup de menton de la direction du PCF est un des stigmates de son désarroi. La fenêtre de tir des primaires s’est refermée sur lui, sauf à aller manger dans la gamelle de Hollande… Ce qui est fort improbable. Le PCF est évanescent pour encore quelque temps, jusqu’à la primaire socialiste, sans doute. Il fait durer le plaisir. Il joue contre son camp. La manœuvre est des plus délicate pour lui car, ses propres troupes sont dans l’expectative, rechignent. C’est bien la preuve qu’il y a un vent de panique au siège du Colonel Fabien. Comment sortir de ce guêpier sans contre-coup ? Personne n’est dupe de sa stratégie et des initiatives destinées à brouiller les pistes et donner le change aux militants et sympathisants : la consultation citoyenne qu’il s’est engagée à faire pour Octobre s’annonce être mort-née et son questionnaire qui aurait recueilli 10 000 réponses à la fête de l’huma entre l’huitre et le pastis est loin de donner le change…

Le PCF est résigné à ne pas mener la campagne des présidentielles 2017 ou a minima pour paraître sur la photo. Il attend de savoir de quel côté le vent de la primaire socialiste va tourner. Jean-Luc Mélenchon n’est pas son premier choix, dont acte. Ne pas appeler à voter pour lui, on peut l’entendre, mais pas le comprendre. Mais aller au-delà pour lui nuire, c’en est trop. Nous voulons encore croire que le programme de 2012 l’humain d’abord n’est pas au fond d’un tiroir ou dans la poubelle. Au au fur et à mesure que le temps passe et que les portes se referment les unes après les autres, Jean-Luc Mélenchon pourrait devenir la seule porte de sortie par le haut.

Pour Clémentine Autain, pas d’autre solution que Jean-Luc Mélenchon

Bien que critique sur l’Europe ou la Syrie, c’est bien cette nécessité de rassemblement qui guide Clémentine Autain, animatrice d’Ensemble. Elle vient officieusement d’en appeler à se rassembler autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon.. « Ne pas choisir aujourd’hui, c’est prendre le risque de la confusion et de l’inutilité ». Elle juge que le choix de « Jean-Luc Mélenchon a « des inconvénients politiques, mais un atout majeur : il trace le sillon d’une gauche en rupture avec trente ans de politiques néolibérales et productivistes ». Plusieurs textes d’intellectuels ou de membres du PCF semblent aller dans le même sens. Divers dirigeants du Parti communiste comme MG Buffet on déjà fait savoir qu’ils avaient fait ce choix.

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Vite,  passons à autre chose.

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