Présidentielle 2017 (3)

 

Combattre le Fhaine !

fn-2L’extrême droite fascisante des Le Pen, bien qu’elle s’en défend avance visage caché, sous couvert d’un patriotisme économique de bon aloi. La sortie de l’euro ou de l’Europe, qui a longtemps fait partie de sa rhétorique à l’emporte-pièce, semble être remisée aux accessoires des souvenirs dans ses discours. Contrairement à son projet, en apparence anti finance, il a toujours eu bourse liée avec les forces de l’argent avec lesquelles il a de nombreuses convergences programmatiques. Il hait les syndicats ouvriers, encense les appendices du MEDEF. Son slogan de campagne de la France apaisée a pour objectif de tenter de gommer l’image négative d’un parti raciste et xénophobe qui lui colle toujours à la peau. Mais la chose n’est guère facile. Le feuilleton largement mis en scène par une presse des plus docile, de « tuer « le père toujours prompt à vomir ses délires, n’a pas convaincu. Chassez le naturel, il revient au galop. Le fond de commerce du Fhaine demeure, il ne peut en être autrement. Il aura beaucoup du mal à s’en extraire, d’autant que la droite de Sarkozy et de ses clones lui contestent aujourd’hui ce terrain, tout en en rajoutant dans l’immonde. De son côté, Valls manie l’ambiguïté, propos entrant parfois en résonance avec la période noire du Pétainisme. Hollande gesticule, apeuré qu’il est d’être aussi bas dans les intentions de votes, disponible pour toutes les pitreries comme son dernier déplacement à Calais.


e4bd527ced7f4cdcc5c436b6cd4040C’est bien à une cure supplémentaire de régression sociale qu’il faut s’attendre si le clan des Le Pen arrivait aux affaires. Dans ce domaine, le Parti socialiste libéral a mis la barre de la régression sociale tellement haut, que la droite extrême de Sarkozy et l’extrême droite du clan des Le Pen ne peuvent qu’en rajouter ? Et ils ne s’en privent pas pour le faire. Tout se jouera sur le terrain de la surenchère antisociale pour le plus grand plaisir du MEDEF, des banquiers et de l’Europe de Merkel.


tripartisme-medias-melenchon-1024x460La loi El Khomri ne serait alors qu’un hors d’œuvre, préparant une indigestion de mesures dont le salarié peine à s’en faire la moindre petite idée. Il ferait bien pourtant d’y veiller, car ce qui reste de protection sociale pourrait voler en éclats, en matière de sécurité sociale, soins, retraites, heures et condition de travail, prestations sociales et la liste pourrait s’avérer très longue. Le réveil pourrait également s’avérer bien difficile. Le code du travail, déjà passablement haché à la moulinette de la déréglementation, ne serait plus qu’un amer souvenir du temps d’avant. Alors, pourquoi autant d’ouvriers sont-ils prêts à voter FN ? 25 % des fonctionnaires seraient tentés par ce vote selon certains instituts de sondages. Mais les faits sont là et s’imposent à nous. On le ressent autour de nous, dans nos environnements. Il va nous falloir faire du corps-à-corps pour extirper toutes ces contre-vérités, qui ressassées à l’envi, mettent le doute et peuvent faire croire à une réalité fantasmée. Le plus grave serait de renoncer à se confronter à cette réalité. Ce combat, parmi tant d’autres, n’est pas des plus aisé tellement la déception est grande, la rancœur profonde, au vu de toutes les trahisons du Parti socialiste. N’entendons-nous pas assez fréquemment : pourquoi ne pas essayer ?


3266191864_1_3_8GP5GSxvIl ne s’agit pas de se mettre la tête dans le sac lorsque nous abordons le problème de l’immigration ou de l’islamisme « radical » ou encore les questions de sécurité. Elles questionnent en ce sens qu’elles ont pénétré tout le corps social en profondeur, en laissant croire qu’il suffirait de quelques dispositifs à l’emporte-pièce pour régler le problème comme le font les Mairies Frontistes. Le plus tragique serait de ne pas y répondre et laisser ce terrain à nos adversaires. Les discours s’entremêlent, les programmes aussi, si bien que l’on a beaucoup de mal parfois à savoir lequel des deux est le plus à droite, Fhaine ou Sarkozy. Il faut aborder ces sujets, y apporter des solutions et combattre toutes les fausses solutions. Réglons la question des salariés détachés qui ont notre solidarité, mais qui est un système vicié puisqu’il met en concurrence les salariés entre eux. Jean-Luc Mélenchon a eu raison d’aborder cette question, même si elle a fait polémique. Abordons la question des réfugiés économiques fuyant les guerres, déplacés de gré ou le plus souvent de force ou par nécessité… Tous ont aussi le droit à notre solidarité, mais nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde. Et ce n’est pas faire honte à notre solidarité que de le dire. Les guerres comme la pauvreté sont principalement la conséquence de nos inconséquences, à nous mêler de tout dans une sorte de néocolonialisme, avec le seul but de nous accaparer les richesses des autres. Nous avons donc une responsabilité de réparer ce que nous détruisons. Moins de guerres et moins de pauvreté, ce serait moins de déplacés. Notre société est violente, violence sociale comme violence physique. La cohabitation peut s’avérer difficile, les rapports conflictuels dans les quartiers existent et pas forcement réduit au travail ou dans les transports… Il faut sanctionner lorsque cela s’impose, faire appliquer la loi, rien que la loi, pour tous les délits, petits et grands, quels qu’en soient la nature ou la qualité du délinquant… La sécurité doit être préservée, c’est un dû, comme devrait l’être le droit au logement. Nos forces de l’ordre doivent être destinées, en priorité, à la sécurité individuelle et collective de nos concitoyens et non sur-utilisées pour assurer la sécurité des politiciens et des membres du gouvernement.

Ne nous trompons pas de combat. Notre adversaire reste et demeure le capital et la finance et non pas le voisin de quartier ou de palier, le collègue de travail ou l’immigré. Ne tombons pas dans le piège où nos adversaires tentent de nous amener. Ces débats souvent stériles, simplifiés à outrance par une presse avide de sensationnel ou d’audience, sont de mauvais augures. Ils entretiennent un climat de peur, dhystérie au service du nationalisme, la confusion ou de suspicion qui ne font qu’attiser les haines et faire perdurer les amalgames.

1eroctobrenantes

Faisons en sorte qu’il en soit autrement. La campagne des présidentielles avec ses 130 000 mille Insoumis est une belle preuve qu’il est possible de renverser la table des incompréhensions. La tâche n’est pas facile, nous le savons. Nos adversaires emploieront tout l’arsenal à leur disposition, utiliseront toutes ficelles du système pour tenter de nous emmener sur un terrain qui n’est pas le nôtre et nous empêcher de développer nos propositions.

Ne perdons pas de temps.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s