l’employé des pompes funèbres ?

Par Pierrick Tillet

L’intronisation de l’outsider Benoît Hamon comme candidat du PS, après celle du mari de Penelope pour la droite, achève de semer le chaos dans le paysage politique de cette campagne présidentielle.

Plutôt que d’éclaircir ce paysage, ce nouveau résultat contribue un peu plus à le dévaster. Et il suffisait de voir, dimanche soir, les têtes un brin désorientées des éditocrates de plateaux télés pour mesurer leur désarroi et leur incompréhension.

C’est que depuis quelques mois, ces maudits électeurs ne trouvent rien de mieux à faire que de dégommer tous leurs favoris, de massacrer toutes leurs prévisions, de ruiner toutes leurs petites manipulations médiatiques dans des parties de chamboule-tout ravageuses.

Il était assez risible d’entendre la Sofres pronostiquer dès lundi matin une percée de Benoît Hamon au soir du 23 avril prochain, devançant même désormais, à les en croire, le candidat de la France insoumise. C’est bien vite oublier que tous ces sagaces limiers de l’opinion publique se sont systématiquement gourés à 100%, annonçant successivement la défaite du Brexit, la victoire d’Hillary Clinton, un duel Juppé/Sarkozy à droite et Valls/Montebourg à gauche…

Une révolution populaire

Si le trouble gagne aussi les milieux politiques institués, c’est bien moins par la révélation de scandales à répétition et leur incapacité à sauver les apparences de leur jeu de dupe politique, que par le rejet de plus en plus agressif des électeurs à leur endroit, préférant propulser par défaut d’improbables seconds couteaux comme Hamon ou Fillon, que de sanctifier les favoris désignés.

Après l’effondrement du système financier et l’enlisement d’un moteur économique dédié à la croissance, c’est à une véritable révolution politique à laquelle nous assistons. Une révolution populaire — populiste, clament les cibles du chamboule-tout — tant il ressort que les électeurs ont désormais à cœur de virer tous ceux qui représentaient l’ordre politique ancien.

Ce jeu de massacre citoyen est typique des fins de règne. L’ordre établi de la Ve République a vraisemblablement atteint son point de non retour. On mesure les risques et incertitudes qui résultent d’un tel intermède chaotique. Mais le passage est obligé et a le mérite d’ouvrir enfin le champ des possibles.

Crédits photo : Christophe Ena/AP/SIPA

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